NON aux affectations-sanctions à la RTB !

Le 10 février 2014, les camarades Hahadi SANDAMBA et Moussa SANON de la Section SYNATIC (Syndicat Autonome des Travailleurs de l’Information et de la Culture) des Hauts-Bassins ont été verbalement informés d’une décision d’affectation, à Ouahigouya à la RTB2 Nord pour le premier et à Dédougou à la RTB2 Boucle du Mouhoun pour le second. Cette décision d’affectation (N° 2013-136 / DG.RTB / DRH) qui date du 6 janvier 2014 leur a été transmise le 14 février 2014, soit plus d’un mois après.

Logo  1aLes deux affectations ont été présentées par Soulémane OUEDRAOGO, Directeur Général de la Radiodiffusion-Télévision du Burkina (DG RTB) comme une mesure entrant dans la mise en œuvre de sa nouvelle vision et constitueraient également une « promotion » pour les camarades qui seront ainsi responsabilisés à la RTB2 Nord et à la RTB2 Boucle du Mouhoun comme chefs de service.

A l’origine de ces affectations, un coup de fil du Directeur Général, depuis Abidjan où il effectuait une mission en fin décembre, à nos camarades pour les convaincre d’accepter les postes proposés. Nos camarades ont alors indiqué en toute courtoisie au DG qu’ils ne pouvaient pas assumer ces tâches de responsabilité pour diverses raisons.

Suite à cet échange téléphonique avec le DG, ils ont alors tenu informé le Bureau de la Section SYNATIC des Hauts-Bassins qui a saisi aussitôt le Bureau National du SYNATIC. Quelle ne fût leur surprise alors en février, lorsque la Directrice régionale de la RTB2 Hauts-Bassins les informa de leur affectation à Dédougou et Ouahigouya !

Après avoir pris connaissance des décisions d’affectation, le Bureau National a immédiatement saisi la DG RTB. Au cours d’une audience que le DG leur a accordée à leur demande, le 13 février 2014, les responsables du SYNATIC ont demandé l’annulation de cette décision d’affectation qui intervenait dans un contexte inapproprié.

En effet, les travailleurs des médias publics sortaient de deux mouvements d’envergure marqués par le sit-in historique du 16 juillet 2013 pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail et la grève des syndicats de la Fonction publique des 4 et 5 février 2014 pour une relecture conséquente de la grille indemnitaire des agents publics : deux activités qui ont connu une grande réussite au niveau des médias publics.

Ce 13 février 2014, la Direction Générale, malgré des explications sur la nouvelle dynamique engagée au niveau de la RTB, n’a pas réussi à convaincre le SYNATIC sur le fondement d’une telle décision.

La délégation du Bureau national a aussi déploré le fait que la DG RTB affecte un délégué du personnel, en la personne de Moussa SANON, en violation de l’Article 313 de la loi N° 028-2008 / AN du 13 mai 2008 portant Code du travail au Burkina Faso qui stipule que « le délégué du personnel ne peut être muté contre son gré pendant la durée de son mandat, sauf appréciation de l’inspecteur du travail du ressort ».

D’autres rencontres ont eu lieu entre le DG et les deux camarades et entre la Direction Générale et le Bureau National du SYNATIC, notamment la dernière en date du 3 avril 2014. Toutes ces rencontres se sont achevées sur un désaccord entre les deux parties.

En définitive, la Direction Générale maintient sa décision d’affecter les deux camarades pour « nécessité de service ».

Que reproche-t-on en fait aux camarades SANDAMBA et SANON ?

Depuis l’historique sit-in du 16 juillet 2013, des mesures répressives sournoises se sont faites jour au sein des médias publics. Les militants du SYNATIC sont persécutés de façon sournoise ou ouverte, par les responsables des médias publics.

Hahadi SANDAMBA, un des meilleurs journalistes (reporter et présentateur) de la Télé et Moussa SANON, reporter et rédacteur en chef par intérim de Radio Bobo, font partie des camarades courageux des médias publics qui n’ont pas marchandé leur engagement pour la réussite du sit-in historique du 16 juillet 2013 et la grève des syndicats de la Fonction publique des 4 et 5 février 2014.

Toujours dans le cadre des mesures répressives sournoises : le camarade Aboubakar SANFO, membre du Bureau National, remplissant le rôle de rédacteur en chef-adjoint à la Webdiffusion (RTB-Multimédia), a été suspendu de publication pendant plusieurs mois, de même que Marie Laurentine BAYALA la rédactrice en chef, alors que ce sont eux qui coordonnaient les reportages, corrigeaient et mettaient en ligne tous les articles sur le site web de la RTB. Cette restriction du compte de publication de ces deux webmasters est intervenue le12 juillet 2013 après la publication d’un article qui a d’ailleurs été vite supprimé. Cet article en effet, rendait compte d’une Assemblée Générale (AG) préparatoire du sit-in des travailleurs des médias publics tenue à la Bourse du Travail le 11 juillet 2013. Durant trois mois, le Directeur de la RTB-Multimédia s’est érigé en super censeur, décidant des articles à publier. Il s’est réservé le droit de filtrer et de corriger le travail des deux responsables de la Rédaction web, ou de confier cela à un autre chef de service.

Il en est de même du camarade Jérôme TIENDREBEOGO, militant actif et membre du Bureau du Comité SYNATIC de la RTB-Télé, qui a été retiré du pool des présentateurs du Magazine des Sports sans qu’aucun reproche ne lui soit fait.

Sans être exhaustif, il faut signaler que d’autres camarades subissent également les mêmes persécutions à la RTB-Radio, à la RTB-Télé et aux Editions Sidwaya.

En rappel, le 16 juillet 2013, les travailleurs des médias publics organisés au sein du SYNATIC ont observé un sit-in à Ouagadougou, Gaoua et Bobo-Dioulasso. La plateforme minimale qui a mobilisé les travailleurs portait, entre autres, sur l’élaboration d’un statut particulier, la reconstitution de carrière de certains agents et l’arrêt de l’immixtion des autorités du ministère de la Communication dans le traitement de l’information au niveau des médias publics.

Du reste, nous attendons toujours la mise en œuvre des conclusions du « Comité de suivi des questions sociales des agents du ministère de la Communication » mis en place à la suite de ce mouvement.

Suite au franc succès qu’a connu cette manifestation, en plus du succès de la grève des 4 et 5 février 2014, le ministre de la Communication et son staff ont décidé d’en découdre avec le SYNATIC. Sinon comment comprendre cette vague répressive à l’endroit des militants et responsables du SYNATIC ?

Tenez ! A la suite d’une AG du SYNATIC à la RTB2 Hauts-Bassins le 20 décembre 2013, Alain Edouard TRAORE, ministre de la Communication, porte-parole du Gouvernement, réunira le personnel de la Communication des Hauts-Bassins, le 26 décembre 2013, pour dit-il, le féliciter pour le travail abattu jusque-là. Lors de la rencontre, le ministre Alain Edouard TRAORE entra dans une colère noire quand les travailleurs l’interpelèrent sur les revendications ayant conduit au sit-in du 16 juillet 2013. L’occasion a été belle pour lui de s’attaquer aux militants et dirigeants du SYNATIC, menaçant et promettant de faire « payer » aux agents à l’origine des « mensonges » ayant conduit au sit-in du 16 juillet 2013.

Ce 26 décembre 2013, il en voulait spécialement au camarade Hahadi SANDAMBA qui s’est courageusement opposé au « charcutage » de son reportage sur les manifestations des citoyens pour revendiquer l’éclairage d’un tronçon de la Route Nationale n° 1 et la fermeture des caniveaux à cet endroit, suite à un accident mortel à l’entrée de Bobo le 4 juillet 2013.

C’est donc dans ce contexte qu’est intervenue l’affectation des camarades Hahadi SANDAMBA et Moussa SANON, et la Direction Générale de la RTB veut faire croire autre chose.

C’est pourquoi, le Bureau National du SYNATIC dénonce ces affectations-sanctions déguisées en « promotion » et les diverses persécutions dont sont victimes ses militants.

Au regard de la situation, le Bureau National :

  • interpelle la Direction Générale de la RTB pour qu’elle annule purement et simplement ces affectations pour un climat apaisé à la RTB ;
  • tient la DG RTB et le ministère de la Communication responsables de toute détérioration du climat social qui pourrait survenir ;
  • invite les militantes et militants à se mobiliser et à rester à l’écoute des Sections et Comités SYNATIC pour tout mot d’ordre en vue de la satisfaction de nos légitimes revendications.

Ouagadougou, le 16 avril 2014

Le Bureau National

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