Procès BICIA-B contre L’Evènement : Un report pour vérifier la situation carcérale antérieure de Germain Nama

La BICIA-B (Banque internationale pour le commerce, l’industrie et l’agriculture du Burkina) et trois membres de son personnel (Ibrahim Traoré, Estelle Tondé et Pauline Kondé) ont porté plainte contre le bimensuel L’Evènement pour diffamation, suite au compte rendu que le journal a fait d’un procès entre la banque et une de ses employées  licenciée. Appelé à l’audience du tribunal correctionnel de Ouagadougou le vendredi 26 juillet 2013, le dossier a été renvoyé au 9 août prochain afin de permettre au parquet de vérifier le casier judiciaire du prévenu, Germain Nama, directeur de publication de L’Evènement.

namaDame Aline Yogo était une caissière de la BICIA-B qui a été licenciée au motif qu’elle aurait opéré à son profit personnel des retraits d’argent sur le compte d’une cliente. Pour l’ex-banquière, il n’en est rien ; elle clame son innocence et soutient que cette affaire a été un coup monté pour l’abattre car, selon elle, ce dossier cache en réalité une histoire de harcèlement sexuel dont elle serait la victime. C’est la raison pour laquelle elle a décidé de porter plainte pour dénonciation calomnieuse et harcèlement sexuel.

Ce procès intenté par Aline Yogo contre ses trois anciens collègues a eu lieu le 13 mai 2013. Le bimensuel L’Evènement y était témoin à travers son reporter Hamidou Traoré. Ce dernier a rédigé un article, le  compte rendu d’audience, qui a été publié dans les colonnes du journal sous le titre «BICIA-B : Licenciement sur fond de harcèlement sexuel».

C’est cet article qui vaut aujourd’hui à L’Evènement, à son directeur de publication, Germain Nama et à son journaliste, Hamidou Traoré, d’être poursuivis devant le tribunal correctionnel de Ouagadougou pour diffamation. Cette plainte est portée par la BICIA-B et trois de ses agents (Ibrahim Traoré, Estelle Tondé et Pauline Kondé).

Avocat des journalistes dans ce dossier, Me Prosper Farama, nous a expliqué que les plaignants disent «avoir été diffamés par le journal dans le compte rendu d’audience et ils estiment que le titre de l’article leur porte préjudice. Mais le journaliste dit qu’il a titré ainsi en tenant compte des faits qui ont été développés lors du procès».

Selon l’acte d’assignation, la partie demanderesse (la banque et ses trois agents) réclame du tribunal la condamnation au pénale de la partie défenderesse (les journalistes) et  s’est en outre constituée partie civile pour demander aussi le paiement de dommages et intérêts.

Vendredi dernier au prétoire, ce dossier de diffamation était inscrit au rôle d’audience du tribunal correctionnel. Il a été appelé aux environs de 10h. Les différentes parties étaient déjà à la barre. Le président a commencé par vérifier l’identité des protagonistes de l’affaire. Lorsqu’il est arrivé au prévenu Germain Nama, il lui a demandé s’il avait déjà été condamné. Le défendeur a répondu par l’affirmative. Etonnement du président, car rien de tel ne figurait dans les documents en sa possession.

Le président du tribunal a voulu que le prévenu donne assez d’éléments sur cette condamnation. Mais Germain s’est borné à dire que cela remonte à une dizaine d’années. Sur ces entrefaites, les avocats de L’Evènement, Guy Hervé Kam et Prosper Farama ont estimé que c’est au tribunal d’apporter les informations sur les condamnations de leur client car «Monsieur le Président, si vous n’avez pas d’éléments, nous nous allons dire qu’on a jamais été condamné».

Le président donne alors instruction au parquet de retrouver les traces des condamnations de Germain Nama avant que le dossier de diffamation ne soit débattu. Le tribunal tient avant tout à vérifier le casier judiciaire du prévenu, Germain Nama, directeur de publication de L’Evènement.

Visiblement, on se dirigeait vers un report du dossier. Alors les avocats de la BICIA-B ont demandé «si ce n’est pas une condition absolue, de juger le dossier» car après on pourrait statuer sur cette question de la condamnation antérieure du prévenu.

Refus du président, qui a déclaré que c’est important de le savoir avant d’entrer dans le fond du dossier.

Finalement, le dossier a été reporté au 9 août à condition que ce jour ne coïncide pas avec le Ramadan, sinon le procès aura lieu le 23 du même mois.

Source : lobservateur.bf

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